Yiqing Yin Haute Couture SS 2016

Yiqing Yin Haute Couture SS 2016

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Yiqing Yin Haute Couture SS 2016    francese inglese

Que subsiste-t-il lorsqu’il n’y a plus rien ?

La beauté du reste.

Et si un jour tout disparaissait? Si l’on était contraint de faire tabula rasa, que nous resterait-il ? L’ornement comme dernier refuge. La métamorphose comme dernier subterfuge.

La femme se fait vaisseau vêtue de voiles de fausse pudeur, encordée de bijoux de peaux retenant son envol. Le crêpe de soie couleur terra cotta se laisse plisser, jouant douce la carapace. Le pli est poussé à son paroxysme : il ne redessine pas un corps mais l’espace tout autour. « Le problème n’est pas comment faire un pli mais comment le continuer, lui faire traverser le plafond, le porter à l’in ni », écrivait Gilles Deleuze *. Une aspiration à l’infini.

Lorsqu’il faut tout réinventer, la femme se fait magicienne et retrouve ses pouvoirs perdus. Caparaçonnée dans sa robe de fourrure travaillée comme une mosaïque et ornée d’écailles de cuir découpées au laser par le créateur textile Coen Carsten, elle devient personnage d’une mythologie qui doit encore être écrite.

Elle est femme chamane dans toute la puissance de son apparente fragilité, ceinte de bustiers de cuir tressés couleur de terre rouge et de harnais irisés faussement pro- tecteurs. En voie de métamorphose, son corps se recouvre de lianes fragiles, douces contraintes de branchages de passementerie qui n’aspirent qu’à s’enrouler autour du corps d’une femme.

Sa force est sa beauté. Amazone au corps redessiné dans sa combinaison bi-matière de toile enduite couleur orange Magma et de sergé de coton Terra Cotta. Elle porte cotte de maille fragile, ou combishort fait de pressions reliées de ls de cuivre. Femme victorieuse, voilée-dévoilée dans sa robe en jersey n et broderie de chaînes, dénudée de tout arti ce. Femme puissante qui reconstitue son armure avec les restes, selon sa propre gestuelle, se jouant des paradoxes et des ambivalences.

Femme des profondeurs, enveloppée d’organza liquide irisé composé de centaines de nervures. Créature vêtue de la lumière des limbes en sa robe de LED et de cordes de piano co-créée avec le sculpteur Bastien Carré. Bel animal bioluminescent revenue des abysses. Lorsque la survie con ne au sublime…

* Gilles Deleuze, Le Pli, Leibniz et le Baroque, Les Editions de Minuit, 29 juin 2011.


Yiqing Yin Haute Couture SS 2016

Blooming ashes

What survives when all is gone?

The beauty of the rest.

And if one day everything disappeared? If we shall be forced to start on a blank slate, what would remain? Ornament as nal refuge. Metamorphosis as our last subterfuge.

The woman is a vessel dressed in veils of false modesty, entwined in body jewels hol- ding ight. Pleated terra cotta silk crepe playing like soft shells. e crease is pushed to its climax: it does not reshape the body but the space around it. « e problem is not how to make a fold but how to continue it, across the ceiling, carrying it to in nity,» wrote Gilles Deleuze*.

When all must be reinvented, the woman transforms and recovers her lost powers. Sheltered in a fur dress crafted like a mosaic adorned with laser-cut leather scales by textile designer Coen Carsten, she becomes a persona of a mythology yet to be written.

She is a shaman in all her power and apparent fragility, entwined with braided earth red leather harnesses turned into falsely protective bustiers. As she metamorphoses, her skin is laced with fragile lianas made of embroidered branches aspiring to softly constrain her body.

Her strength is her beauty. A mixed coated cotton jumpsuit sculpts her amazon body in magma orange. She wears fragile chainmail mesh or armor like second skins com- posed with copper wired snaps. A victorious woman, veiled and unveiled in her de- licate jersey and embroidered chain dress, stripped of any arti ce. A powerful and paradoxical woman who builds her armor with all that remains, with an instinctive gesture.

A woman from the depths, dressed in iridescent organza composed of pin tucks cas- cades. A creature clothed in light from the limbo in her dress made of LEDs and piano strings co-created with sculptor Bastien Carré. A bioluminescent creature mys- teriously emerging from the abyss. Where survival rises into the sublime…

* Gilles Deleuze, e Fold: Leibniz and the Baroque, e Midnight Editions, June 29, 2011.